C’est le titre d’une vidéo de Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l’Express et ancien Normalien (oui oui, vous savez l’Ecole Normale Suppérieure, celle qui forme des élites, blablabla…).
Bref, sur l’Express aujourd’hui je suis tombée sur cette vidéo qui date du 20 janvier 2010. Je vous laisse déjà découvrir son contenu, qui risque de ne plus fonctionner dans peu de temps car je pense que Youtube me la désactivera prochainement !
Vous l’aurez compris, ce débat reprend une polémique de longue date, lancée par Air France qui voulait taxer les obèses en leur faisant payer un siège supplémentaire… ben oui, les gros ça prend de la place ! Mais je ne reviendrai pas sur ce débat avec Air France, pas maintenant du moins.
Désolée d’être aussi crue, mais qu’un grand sec se permette de juger les personnes obèses alors que manifestement, il n’est pas dans cette situation, je trouve ça un peu gonflé. Selon lui il faudrait donc distinguer “ceux qui sont 100% victimes d’un handicap et ceux qui peuvent avoir une part de responsabilité”.
Alors plusieurs choses me viennent en tête à l’instant même où j’entends cette abomination (hormis certains noms d’oiseau) :
Quand on ne sait pas, on ne dit pas…
L’obésité n’est pas un handicap mon cher monsieur, c’est une maladie, reconnue par l’OMS. Certes, cela peut se révéler handicapant dans la vie de tous les jours, mais c’est parce qu’il existe des ignares qui en font un handicap, des compagnies aériennes qui vous traitent comme des parias parce que votre indice de masse corporelle dépasse largement la moyenne.
Obèse par choix ? Et ta soeur !
Il y aurait donc des gens qui seraient obèses presque par choix selon ce bon monsieur, ou tout du moins, leur obésité serait “de leur faute”. Déjà que veut dire “de leur faute” ?? C’est une faute que d’être obèse ? Pour moi, c’est un manque de respect flagrant envers les personnes de forte corpulence que d’oser affirmer de telle chose. Que sait Christophe Barbier de la vie d’un obèse, des souffrances quotidiennes et de la difficulté que c’est que d’être obèse. Parce qu’on dit bien “souffrir” d’obésité… oui, les obèses souffrent, j’en sais quelque chose.
Alors je ne pense pas que ce soit par choix que je traîne la patte dès qu’on marche trop vite devant moi, que je suis essoufflée de monter trois étages à pied ou que lacer mes chaussures me coupe la respiration. Ce n’est pas par choix non plus que certaines chaises me paraissent bien trop étroites dans la salle d’attente du médecin et qu’elles m’obligent à attendre debout ou à rester sur l’avant de la chaise, de peur de ne pas savoir en ressortir.
Ce n’est pas par choix non plus, que des personnes dans un état plus dramatique que le mien ne peuvent même plus mettre de chaussettes parce qu’ils n’arrivent pas à atteindre le bout de leurs pieds pour les enfiler, que ces personnes ne prennent déjà plus l’avion pour éviter de s’infliger une séance de torture dans des sièges trop petits pour les accueillir et non, ce n’est pas par choix que ces personnes peinent à monter l’escalier de leur propre maison comme si elles devaient gravir l’Everest quotidiennement.
Gros mais humain
“Pour que son corps ne crée pas de problème à la collectivité”… Oui, les gros emmerdent la collectivité, ils dérangent. Mais peut être Monsieur Barbier oublie-t-il que les gros sont aussi des êtres humains. Personnellement je ne pense pas que dire à une personne obèse que de toute façon, c’est de sa faute, qu’elle n’a qu’à se faire violence et avoir un peu plus de volonté soit la meilleure solution. Mais heureusement que notre interlocuteur fait preuve de bon sens en signalant quand même que ce n’est pas la même chose si l’obésité relève d’une maladie génétique… ouf ! Nous sommes sauvés ! On aurait pu croire, dans le cas contraire, qu’il faisait preuve d’un manque de discernement flagrant.
Une personne obèse est avant tout un être humain qui mérite d’être traité avec respect, ce qu’oublie le directeur de la rédaction de l’Express.
Obésité et tabagisme, même combat ?
La conclusion de cette vidéo c’est un petit peu le ponpon, la cerise sur le gâteau si on veut. Christophe Barbier ose comparer le débat sur l’obésité avec le débat sur le tabagisme de 2006 qui a débouché sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics… Alors quoi ? On devrait peut-être aussi interdire l’accès des lieux publics aux obèses pour éviter que la collectivité ne doive supporter ce poids (et c’est le cas de le dire) !
J’espère quand même deux choses pour ce pauvre homme : la première est qu’il n’ait aucun collaborateur obèse au sein de la rédaction de l’Express, la seconde est que les aléas de la vie le ne conduisent jamais à connaître le sort qui est réservé aux obèses actuellement, car contrairement à ce qu’il pense, il faut beaucoup de force de caractère pour le supporter, bien plus que pour propager la bonne parole sur un canapé devant une caméra.






